musée du diocèse de lyon

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François-Xavier GOUTHE-SOULARD

1820-1900

 

 

 

 

 

François GOUTHE SOULARD naît en 1820 à Saint-Jean-la-Vêtre dans une famille de cultivateurs.

 

En 1831 il entre au Petit Séminaire de Saint-Jodard puis au Grand Séminaire Saint-Irénée.

 

En 1847 il est ordonné prêtre.

 

Il est nommé professeur de rhétorique au Collège des Minimes de Lyon.

 

En 1853 il est vicaire de la paroisse Saint-Nizier de Lyon.

 

Malade il devient aumônier de la clinique du docteur Carrier dans le quartier actuel du Grand Trou (Lyon 8ème arrdt) et reprend alors des études de théologie ; il soutient sa thèse de doctorat en théologie sur l’Infaillibilité personnelle du Pape (date incertaine : 1954, 1955, 1957 ou 1958).

 

Il est alors chargé de fonder une paroisse dans le quartier populaire où il réside, qui sera dédiée à Saint-Vincent-de-Paul, avec une école confiée aux sœurs de Saint-Vincent-de-Paul.

 

En 1870 Mgr Ginoulhiac, qui fait partie de la minorité au concile de Vatican jugeant inopportun le vote du dogme de l’infaillibilité pontificale, le nomme vicaire général.

 

En 1875, pendant la vacance du siège de Lyon, il est élu assesseur du vicaire capitulaire, Mgr Thibaudier.

 

En 1876 le nouvel archevêque, Mgr CAVEROT, le nomme curé de Saint-Pierre-de-Vaise, autre quartier populaire où il fonde deux écoles, confiées aux sœurs de Saint-Vincent-de-Paul, et un hospice de vieillards, confié aux Petites Sœurs des Pauvres.

 

En 1886 il est nommé évêque d’Aix.

 

Il surprend par son mode de vie modeste et sa facilité de contact avec les fidèles et se fait remarquer par son opposition à l’Etat : « Nous ne sommes pas en république, nous sommes en Franc-Maçonnerie » dit-il en mai 1891 aux jeunes ouvriers catholiques de son diocèse (GARRON) ; il défend les parents dans leur choix d’un enseignement catholique ; surtout il apparaît comme un opposant au ralliement à la République dans ce qu’on appellera « l’affaire Gouthe-Soulard ».

 

Le discours du cardinal Lavigerie de 1890 n’a pas convaincu l’ensemble des évêques français de se rallier à la République. En octobre 1891, quelques semaines après la sortie de l’encyclique « Rerum Novarum », de jeunes catholiques ouvriers, au cours de leur pèlerinage à Rome, manifestent leur attachement au Pape dans ce qui apparaît comme une critique des gouvernants italiens et français. Mgr GOUTHE-SOULARD apporte publiquement son soutien à cette manifestation, suscitant un vif débat dans la Presse. Il passe en jugement pour avoir outrepassé ses droits ; il est condamné en novembre 1891 à une amende et son traitement, assuré par l’Etat en vertu du Concordat, est suspendu jusqu’en 1895. Une souscription est lancée pour lui assurer un revenu. Quelques mois plus tard est publiée l’encyclique « Au milieu des sollicitudes » dite « encyclique du Ralliement ».

 

Il décède en 1900.

 

Mgr Gouthe-Soulard : Une nature d’élite, sous l’enveloppe d’un curé de paroisse. Curé tranquille, prélat agité, François-Xavier Gouthe-Soulard, surnommé « le moderne Bayard de l’épiscopat français ».

(GARRON, p.409)

 

 

 

 

DOCUMENTS

 

 

-      D'ARVE Stephen, 1900, L'archevêque d'Aix intime, S.G. Mgr Gouthe-Soulard

 

-      BOUDON Jacques Olivier, 1990, Le Saint Siège et les nominations épiscoplaes en France au XIXe siècle, à partir des sources romaines, Mélanges de l'Ecole française de Rome. Italie et Méditerranée, 102/1, pp. 111-161

 

-      GARRON Christiane, 2014, Un épisode des relations entre l’Eglise et l’Etat en France à la fin du XIXe siècle. L’Affaire Gouthe-Soulard, Provence historique, n°39/157, pp.407-435

 

-      Patrimoine Rhône-Alpes, église paroissiale Saint-Vincent-de-Paul

 

 

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